Qu'ils sont beaux ces flocons qui nous
viennent du ciel
En légère ouate blanche qui
s'amoncelle
Ils recouvrent les prés et l'immense
forêt
D'un linceul pur et frais tel un
crémeux sorbet
Bien sûr tout le monde est ravi du
manteau
Qui fait propre nature et givre les
ruisseaux
Car le tableau est beau et d'une autre
couleur
Que les grises pluies qui chagrinent
les fleurs
Viendraient-ils, ces flocons, lessiver
les souillures ?
Les atteintes du temps et bien
d'autres chiures ?
Qu'alors ils soient bénis si en plus
ils abreuvent
Les grandes soifs de nos étangs et de
nos fleuves
C'est le temps de l'hiver avec joies
et misères,
C'est le temps mort qui veut un repos
pour la terre,
C'est le temps qui fait peur aux êtres
sans abri,
Et c'est aussi un temps grandement
applaudi.
Oh! Glacial duvet ; Il refroidit mon
entrain
Aussitôt que je le traverse de mes
mains,
Je suis transi par son accablante
froidure
Et, sous le poids des ans, je crains
sa signature.
Mais ! Combien d'heureux d'aller au
blanc tapis
Qui appelle à la luge et aux plaisirs
du ski ?
Combien d'heureux vont se vautrer dans
les congères
Pour y enfouir les stress et les faits
divers ?
Dans les blanches couches de flocons
ouatés
Les uns vont s'amuser, les autres
grelotter.
Moi ! Près de l'âtre, je laisse
passer le temps
Et patiemment j'attends le retour du
printemps !