Texte de M Gérard

 

Hiver d'Antan

 

Bien avant la fin de l'automne

Les jours n'étaient pas au plus court

Tout n'était pas encore en somme,

Que se déchaînaient des vents sourds.

 

Des premiers flocons voltigeant

Descendaient du Ciel assombri,

Ils arrivaient furtivement

Et surprenaient les sans-abri.

 

Sur un sol mouillé et détrempé

Premières neiges collantes

Etaient signe d'hiver figé

Avec des bises mordantes.

 

Pour les fêtes de fin d'année

L'épaisse couche s'amoncelait,

Le tapis blanc était ancré

On s'y débattait ! On aimait !

 

Formées par les vents, les congères,

Ces imposantes dunes blanches,

Bouchaient sans cesse les ornières

Et comblaient même jusqu'aux clenches.

 

Dans la nature anesthésiée

C'était silence impressionnant;

La terre qui semblait sinistrée

Attendait, sage, le dénouement.

 

Quand l'hiver levait le siège

La terre reposée respirait,

Les eaux de toutes les neiges

L'infiltraient et l'enrichissaient.

 

Où sont donc ces hivers d'antan,

Des fois si rudes mais naturels,

Quand les printemps venaient à temps,

Quand la terre était sans séquelle ?

 

M. Gérard.

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Yvette De France