Des
victuailles, des jouets , du nécessaire,
Mais
aussi tellement de choses superflues;
Qu'importe, c'est fête dans chaque chaumière
Et
l'on veut garnir le sapin sans retenue!
On
veille, on prie et l'on mange du pain béni
A
couvert et au chaud ; Plein de bienveillance
Le
Ciel est avec nous ; Il nous comble de fruits
Et
nous enveloppe dans sa magnificence.
Cependant au- dehors, Bon Dieu! ce qu'il fait froid
Pour
cette humanité qui n'est pas dans le coup ;
Dans
la solitude et sous une lourde croix
Elle
est écrasée par d'horribles remous.
Main
dans la main, misère et pauvreté errent
Dans
les ornières de la malchance; Triste sort
Qui
nous interpellent, mais ce n'est pas mystère
Que l'on
regarde plutôt vers notre confort !
Les
illuminations ne viennent pas du Ciel,
Mais
de quelques humains et d'un calendrier
Qui
n'éclairent pas les lugubres passerelles,
Où
passent sans cesse des ombres émaciées !