Texte de M Gérard
Lugubres bruissements !
Proches voisins, fixés
dans le sol montagnard,
Bien au-dessus des
sous bois, deux géants
Conversaient. L’un
était un feuillu très bavard
L’autre un grand sapin
qui paraissait bien portant.
Les feuilles vives du
hêtre, gonflées de verve,
N’en finissaient pas
de bruisser dans l’altitude,
Jetant au vent et
dans la timide réserve
Des sons et des appels
parsemés d’inquiétude.
Car son beau
feuillage, déjà, dépérissait
Non pas seulement par
les caprices du temps
Mais aussi par
certains autres mauvais effets
Qui, insidieusement,
pénétraient dans ses flancs.
- Oh ! Illustre
voisin, de ta grande hauteur,
Peut-être vois-tu
mieux que moi les horizons
D’où viennent ces
ondes chargées de puanteurs
Et de miasmes qui me
donnent des frissons ?
Je suis inquiet,
disait encore le grand hêtre,
Il m’arrive de voir,
comme en pressentiment,
Des images de vies en
train de disparaître.
Dis-moi ! Que ce n’est
qu’un songe déconcertant !
- Hélas ! Renchérit le
grand sapin, coiffé
D’une cime encore
verdoyante et solide,
Tes inquiétudes ne
sont pas exagérées
Car, je subis aussi
des attaques perfides.
Du haut de ma grandeur
et de mon chapeau vert
Je vois venir vers
nous de sombres éléments
Chargés de poussières
et de relents pervers.
Déjà ! Mes écorces
reçoivent les tourments !
Et portant mon regard
dans l’environnement
J’aperçois, de-ci
de-là, des frères blessés
Qui vidés de sève
meurent précocement,
Assassinés par des
poisons disséminés !
De notre secteur nous
voyons les hécatombes
Et nous tremblons
d’avoir à subir les affronts
Que jette l’humain
dans la pureté des combes.
Serrons nous la
branche ! Renforçons nos racines !
Restons verts ! Forts
et sains pour que vivent nos troncs
Cependant les coups
bas des humaines vermines !
M. Gérard.
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