Au travers des nuages glacés du
nord est,
Qui défilent dans le firmament
courroucé,
J'aperçois la lune pale et
frigorifiée
Qui n'émet que des lueurs
tristes et modestes.
Ses rayons ne percent pas la nuit
des nuages
Qui encombrent le ciel et nous
mettent dans l'ombre
D'obscurs outrages tourbillonnent
en nombre,
Poussés dans le temps par une
bise sauvage.
Et la lune, même pleine, nous est
cachée,
Dans les ténèbres nous devons
franchir la nuit,
Pour aller à tâtons dans des
rêves troublés
En attendant que le jour sorte
des oublis.
Le froid de cette nuit en paraît
plus intense,
Et pour traverser cet espace
rafraîchi
Il faut se protéger contre la
turbulence
Prévoir une lampe et un réchaud
assorti !
Pour ne pas trébucher au milieu
du néant
En traversant l'étrange et
périlleuse nuit
Il faut mettre nos pas dans les
traces du vent
Et aller droit vers les destins
qui sont écrits.
Ainsi nous passerons, quand même,
sans les feux
De cette lune qui se cache dans
la brume
Et nous arriverons au seuil
miraculeux
D'un autre jour vibrant d'éclats
et de volume !