MOI ! LA FORET…!
De chez toi tu me crois
imposante et tranquille
Mais sais-tu que malgré cet
aspect rassurant
Je
suis une masse
périssable et fragile
Que l'homme déchire plus que
les ouragans.
On me traverse en tous sens
et l'on me piétine,
En mon sein on creuse de
profondes ornières,
Sans plus me respecter on
blesse mes racines
Et l'on perce dans mon corps
d'immenses clairières !
Je suis exploitée sans
précaution, sans vergogne !
De plus en plus on veut de
moi beaucoup de bois.
Après estimation on me
tranche, on me rogne
Et l'on transporte mes
membres par gros charrois.
En haut de mes cimes, ne
vois-tu pas les signes
Et les appels que je lance à
l'humanité ;
De tous cotés les vents et
l'homme m'égratignent
Les uns pour m'arracher les
autres pour me scier.
A la nature je me livre sans
souci,
Car ce qu'elle casse en moi,
sans cesse renaît :
Elle est sévère mais déborde
d'usufruit ;
C'est une éternelle mère qui
me refait.
Vous autres, les seigneurs
qui salissez la terre,
Vous polluez aussi mes
membres délicats.
Même mes sapins verts sont
portés aux enfers
Par vos razzias ! Par vos
poisons ! Par vos crachats !
Si les peuples poussent trop
loin leurs prédations
Dans mes espaces de vie, ils
vont en souffrir ;
Je te préviens ! Oh, genre
humain ! Reprends raison !
Sinon, par toi-même, demain
va mal finir !
Par toi-même, demain,
l'univers périrait
Et retournerait dans le vide
des éthers
Alors qu'il suffirait que
cessent tes méfaits
Pour que refleurissent de
l'espoir et du vert