Texte de M Gérard

 
MOI ! LA FORET…!

 

De chez toi tu me crois imposante et tranquille

Mais sais-tu que malgré cet aspect rassurant

Je suis une masse périssable et fragile

Que l'homme déchire plus que les ouragans.

 

On me traverse en tous sens et l'on me piétine,

En mon sein on creuse de profondes ornières,

Sans plus me respecter on blesse mes racines

Et l'on perce dans mon corps d'immenses clairières !

 

Je suis exploitée sans précaution, sans vergogne !

De plus en plus on veut de moi beaucoup de bois.

Après estimation on me tranche, on me rogne

Et l'on transporte mes membres par gros charrois.

 

En haut de mes cimes, ne vois-tu pas les signes

Et les appels que je lance à l'humanité ;

De tous cotés les vents et l'homme m'égratignent

Les uns pour m'arracher les autres pour me scier.

 

A la nature je me livre sans souci,

Car ce qu'elle casse en moi, sans cesse renaît :

Elle est sévère mais déborde d'usufruit ;

C'est une éternelle mère qui me refait.

 

Vous autres, les seigneurs qui salissez la terre,

Vous polluez aussi mes membres délicats.

Même mes sapins verts sont portés aux enfers

Par vos razzias ! Par vos poisons ! Par vos crachats !

 

Si les peuples poussent trop loin leurs prédations

Dans mes espaces de vie, ils vont en souffrir ;

Je te préviens ! Oh, genre humain ! Reprends raison !

Sinon, par toi-même, demain va mal finir !

 

Par toi-même, demain, l'univers périrait

Et retournerait dans le vide des éthers

Alors qu'il suffirait que cessent tes méfaits

Pour que refleurissent de l'espoir et du vert 

M. Gérard.

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Yvette De France