Le petit village musée d'Etara
plonge le visiteur au cœur des XVIIIème XIXème siècles.
A l'ombre de la Tour de l'horloge,
qui sonne encore les heures, on se promène au milieu d'un décor
reconstitué dans le style Réveil national bulgare.
Au sein du village, des artisans
(forgerons, ébénistes, charrons, tanneurs, potiers, orfèvres,
tisserands, sculpteurs sur bois, dinandiers, boulangers pâtissiers
confiseurs...) exercent - selon les méthodes de l'époque - divers
métiers d'antan.
Laverie "automatique" de tapis et
couvertures, moulins à blé ou à foulon, forges, tours, métiers à
filer sont actionnés par la force hydraulique des cascades qui se
jettent dans le ruisseau traversant le site.
De l'autre
côté, en passant sur l'un des deux petits ponts, la rue commerçante.
Les maisons,
au rez-de-chaussée occupé par une échoppe, présentent leur étage en
encorbellement, avec galerie et toit en auvent.
L'intérieur
montre la simplicité du foyer bulgare traditionnel: âtre, plafonds
de bois sculpté, étagères ornées de plateaux de cuivre et
couvertures de haute laine.
De par le
village, quatre fontaines - dont la plus ancienne (1843) est
ornementée de symboles assez rares en Bulgarie - permettront
d'étancher la soif de ceux qui, excès de la veille aidant, ont juré
de ne plus remettre les pieds dans un café...
Il existe
pourtant, à Etara, une excellente taverne typique: outre de la
délicieuse rakya, on peut aussi y déguster des vins régionaux, des
plats rustiques et relevés ainsi que du pain cuit sur place.
Signalons
aussi cette petite maison où, sur le balcon, on peut goûter un vrai
café turc à l'ancienne, avec un verre d'eau et une cuillerée de pâte
blanche sucrée et vanillée.
Inauguré en
1964, le village musée d'Etara doit son existence au photographe
Lazar Doukov, originaire de Gabrovo. Découvrant, dans un site boisé
proche de Gabrovo, deux vieux moulins à eau et à foulon encore en
état de marche, il imagine un village ethnographique retraçant le
mode de vie de la région de Gabrovo à l'époque du Réveil national
bulgare. A l'aide d'une riche documentation, patiemment collectée,
il propose son projet au "Comité au Tourisme" qui lui octroie toute
l'aide voulue (à l'époque communiste, il faut le dire, le
gouvernement bulgare accordait plus d'importance au tourisme
qu'aujourd'hui!). Trois stratégies sont employées pour la création
d'Etara: restauration des bâtiments existants; transplantation,
pierre par pierre, d'édifices provenant de localités voisines;
construction d'après photos et relevés architecturaux. Bientôt,
devant la beauté du site et l'engouement touristique qu'il engendre,
de nombreux artisans s'y installent