Guédelon
à Treigny, dans l'Yonne ou le château de Guédelon
est un chantier-médiéval de reconstruction
historique d'un château fort, débuté en 1997, selon
les techniques et les matériaux utilisés au Moyen
Âge. Projet architectural , visant à améliorer nos
connaissances en castellologie, la méthode de
construction est celle des châteaux construits au
XIIIe siècle
de l'époque médiévale (fin du
XIIe siècle jusqu'au début
XIVe siècle,
en cohérence avec le type d'architecture
philippienne), en partant d'un site vierge et en
utilisant uniquement des techniques de l'époque
telles qu'elles étaient connues en Puisaye dans
l'Yonne.
Sur une
idée de Michel Guyot, propriétaire et restaurateur
du château de Saint-Fargeau, ce projet voit sa
première pierre posée en 1997 et est prévu pour
durer 25 années. Le chantier de Guédelon, réalisé
sur une ancienne carrière boisée, présente plusieurs
aspects :
Le
touristique, le pédagogique : projet ouvert
et adapté aux visites scolaires et de groupe. Il
permet notamment de découvrir les conditions de
travail et les métiers du Moyen Âge ; le
scientifique : le projet permet de mettre en
pratique certaines connaissances historiques
théoriques sur l'art de construire des châteaux
forts ; L'humain : le chantier a créé
quarante-cinq emplois et deux cents personnes
viennent bénévolement renforcer les équipes ;
Le social : L'emploi sur le chantier de jeunes
en situation d'échec permet de leur offrir une
formation.
En
2004, deux d'entre eux ont réussi le CAP de
tailleur de pierre.
On
connaît à travers toute l’Europe des essais
d’archéologie expérimentale, des démarches pour
mieux comprendre les procédés d’autrefois. Plutôt
que de se conformer à des modèles schématiques ou
hypothétiques, des archéologues ont tenté de
recouvrer les techniques, matériellement, en
réapprenant les gestes. Ce sont des préhistoriens
qui ont d’abord abandonné les spéculations de
cabinet pour confectionner de vrais outils de silex.
Pour
beaucoup de prospections, les enquêtes
ethnographiques ont été d’un grand secours, mais
pour la plupart des autres, seuls les indices
archéologiques et les écrits des auteurs anciens,
avec tous les aléas d’interprétation, pouvaient
servir de sources. Il fallait donc une exploration
supplémentaire. La compréhension du mouvement de
l’outil et la reproduction des exécutions à
l’ancienne se sont imposées de façon aussi
incontournable que la reconstitution par maquettes
ou images de synthèse, voire en grandeur réelle. On
a vu ainsi renaître un village lacustre et des
fortifications romaines ; on a refait des machines
de guerre médiévales. L’intérêt n’est pas seulement
de répliquer l’objet mais son fonctionnement ou son
usage ; on a éprouvé l’effet des épées et la
résistance des armures ; on a lancé des boulets et
tiré à l’arbalète depuis des meurtrières.
Mais tout
cela se rapporte à des objets isolés, à des
fonctions particulières, à des séquences
ponctuelles. Guédelon propose une expérimentation
entièrement inédite : l’analyse de toute la
complexité du chantier dans l’action, dans la
continuité d’une opération globale.
Guédelon
a démarré comme un chantier médiéval sur une
conception dont la plupart des difficultés ne sont
examinées qu’au fur et à mesure qu’elles se
présentent. Le projet initial n’a résolu ni la
totalité des plans et des masses, ni la chronologie
d’enchaînement des travaux. On a d’abord paré au
plus immédiat : la fabrication des mortiers et la
taille et l’approvisionnement de la pierre.
Le propos
aurait pu tourner au conservatoire et à la
présentation de métiers. La définition d’une époque,
le milieu du XIIIe siècle,
et la mise en scène d’une stratégie de déroulement
ont donné au chantier sa vraie dimension. Déjà en
cela, parce que la part d’improvisation provoque
d’inévitables « remords de constructeur »,
l’entreprise est représentative du cheminement
médiéval.
Le maître
d’ouvrage et le maître d’œuvre savent qu’à chaque
tranche vont surgir des problèmes inédits. Non
seulement cela n’a rien d’étonnant, mais c’est
l’intérêt d’un tel ouvrage. Et le mérite est d’être
à l’affût, de guetter comme une promesse, chaque
complication ou contrariété, parce qu’elle fait
partie de la raison d’être du chantier de Guédelon.
Guédelon
n’est pas en premier chef un lieu pour faire des
démonstrations d’outils et d’habileté artisanale.
Bien sûr, il est aussi cela, et bien plus encore
puisqu’il se veut un instrument éducatif, un lieu
pour faire réfléchir autant que d’intéresser à des
professions. Mais en fin de compte, il ne s’agit pas
tant de construire un château fort que
d’expérimenter, de redécouvrir, de vérifier et de
trouver des réponses au parcours d’obstacles d’une
telle tentative.
En 1997,
tandis que les plans du château sont réalisés par
l'architecte en chef des monuments historiques
Jacques Moulin, le site de Guédelon est défriché.
Deux ans plus tard, la cour est remblayée et les
premiers murs s'élèvent à un mètre cinquante de
haut ; la tour de la chapelle et la courtine ouest
prennent peu à peu forme.
En 2001,
le périmètre bâti monte à trois mètres. Tandis que
la construction du pont dormant se termine, celles
de l'escalier à vis de la tour de la chapelle (mise
en place de douze marches) et de l'escalier rampant
de la tour maîtresse se poursuivent.
Le pont a
été achevé en août 2002, constitué de 57 troncs de
chêne et 670 clous forgés à la main. La tour de la
chapelle comporte désormais une voûte à croisée
d'ogives et 12 marches de plus sur son escalier à
vis. C'est aussi le début de l'édification de la
poterne.
L'année
2003 est marquée par la construction du logis
seigneurial et la mise en charge de la voûte de la
tour maîtresse.
Les deux
années suivantes voient l'aménagement du
rez-de-chaussée de la tour maîtresse : le sol est
dallé, on construit la porte, l’assommoir, des
archères. La construction de l'escalier rampant se
poursuit, et on démarre enfin l'édification de la
tuilerie qui se termine en 2006.
Le logis
seigneurial reçoit sa charpente. Pendant la saison
2011, la couverture du toit est effectuée, la
courtine est reçoit deux cages à écureuils pour
monter les matériaux sur la tour maîtresse.
On peut
déjà admirer les 45 ouvriers monter, à la force des
bras, l'enceinte fortifiée, les salles de tir et
leurs voûtes d'ogives...