Craiova, qui
occupe le site du castrum romain de Pelendava, est la capitale
de Olténie. Au Moyen Âge les anciens bans de Valachie, au sommet
de la hiérarchie des boyards, étaient à l'origine issus de la
famille Craiovesti.
La ville
est donc appelée la cité des "bans", dont le plus fameux est
Michel le Brave qui fut ensuite voïvode de Valachie. Les
bans avaient droit de battre monnaie portant leur propre
effigie. Le mot roumain ban est emprunté aux langues slaves,
et désigné encore aujourd'hui une subdivision du Leu
roumain. En 1395, Craiova fut probablement le lieu de la
victoire du prince de Valachie Mircea Ier de Valachie sur
Bayezid Ier, sultan des Ottomans.Fréquemment désigné sous le
nom de "cité" après la première moitié du xvie siècle, la
région de Craiova a été toujours considérée comme une région
économique importante de Valachie et de la Roumanie dans son
ensemble. Pendant l'occupation par les Habsbourgs de
l'Olténie (1718-1739), Craiova décline en raison des
pressions économiques et de l'augmentation du centralisme,
malgré les protestations des boyards de Craiova. En 1761,
sous le règne du prince Constantin Mavrocordat, les bans se
déplacèrent à Bucarest, laissant des kaymakams — gouverneurs
provinciaux — pour les représenter à Craiova. À l'époque du
prince Emanuel Giani Ruset, la capitale de la Valachie fut
provisoirement établie à Craiova (1770-1771), regardé comme
un lieu de refuge pendant la guerre russo-turque de
1768-1774. Une grande partie de la ville fut incendiée par
le pacha rebelle Osman Pazvantoğlu en 1800. Pendant la
révolution roumaine de 1821, les habitants de l'actuel județ
de Dolj rejoignirent en grand nombre les Pandoures de Tudor
Vladimirescu, contribuant à la marche révolutionnaire sur
Bucarest. Costache Romanescu, un citoyen de Craiova,
figurait parmi les chefs du gouvernement provisoire pendant
la révolution roumaine de 1848. Les deux derniers souverains
de Valachie, Gheorghe Bibescu et Barbu Dimitrie Știrbei,
étaient issus d'une importante famille de boyards résidant à
Craiova: la famille de Bibescu. La période suivant la guerre
d'indépendance fut une période de progrès économique et
culturel. En conséquence, à la fin du xixe siècle, la ville
de Craiova, avec ses 40 000 habitants, avait développé de
petites usines (chimie, transformations des produits
agricoles, matériaux de construction) et des manufactures
textiles. En 1900, Craiova représentait 43,1 % de
l'industrie de l'Olténie; on y dénombrait 924 sociétés
industrielles (y compris 20 grands établissement
industriels, employant 1.078 ouvriers). Le nombre de grands
établissements industriels s'élevait à 40 en 1925. Le
système bancaire se développa aussi au début du xxe siècle
(il y avait alors 6 banques et 2 bureaux de change). Comme
toute la Roumanie,Craiova fut soumise aux régimes
dictatoriaux carliste de Charles II de Roumanie, fasciste
d'Ion Antonescu et communiste, de février 1938 à décembre
1989. Après la Seconde Guerre mondiale, l'industrie continua
à se développer, mais surtout dans le domaine des industries
lourdes.En décembre 2009 est organisé pour la première fois,
à Craiova sur l'esplanade du Théâtre National Marin Sorescu,
une commémoration des héros de la révolution. À cette
occasion, les autorités de Craiova proposèrent une
dégustation de sarmale, de fasole cu cârnați, de cozonac et
de vin chaud