Pour nos petits enfants

 

Le bon petit ourson 

Les ours comme chaque hiver, regagne leur tanière.

Une grotte au fond des bois, à l'abri de la neige et du froid.

 

Fiston, le dernier-né ouvre de grands yeux ronds

- Que c'est petit, ici ! dit-il.

J'ai peur de m'ennuyer, tout l'hiver là-dedans !

- Mais non explique sa maman.

Tu ne t'ennuieras pas... Parce que tu dormiras :

Tous les ours font comme ça !

 

Mais Fiston ne dort pas.

Il pense à la neige qui tombe sur les bois.

Il n'a jamais vu ça, et il aimerait savoir si c'est blanc,

si c'est noir, si c'est chaud ou bien froid...

 

Finalement, il se décide à faire ce qui est interdit : 

Pendant que tout le monde dort, il se lève sans bruit,

Marche à pas de souris, et... Le voilà sorti !

 

Première constatation : Brrr ! c'est froid pour les petons.

Deuxième constatation : c'est si blanc, si brillant

Que ça vous éblouit... Mais c'est tellement joli ! 

Notre ourson est ravi.

Il court et fait des bonds. Et si par imprudence, 

Il retombe les pattes en l'air, ça n'a pas d'importance : 

C'est doux pour le derrière !

 

Au bout d'un certain moment, Fiston a tellement couru,

Tellement tourné, viré, sauté de tous côtés,

Qu'il ne sait plus où il est !

- Maman vient me chercher crie-t-il. Je suis perdu !

C'est alors qu'il entend une voix inconnue.

C'est celle d'un animal à peine plus grand que lui,

Avec une queue aussi, mais un museau plus long

Et des poils moins fournis. En plus il tout gris !

Mais il à l'air gentil...

 

- Je suis loulou, le petit loup, dit le nouveau venu.

Je connais bien les bois, et j'ai du flair, crois-moi ! 

Je peux, quand tu voudras, te ramener chez toi...

Mais avant j'aimerais bien m'amuser avec toi.

Bien sûr Fiston, ne dit pas non... 

C'est ainsi qu'il apprend à faire des boules de neige,

Des glissades sur la glace de l'étang,

Son portrait dans la neige en se couchant dedans...

C'est tellement amusant qu'il oublie

Complètement ses frères et sa maman.

Mais sa maman, elle, ne l'oublie pas ! 

Quand elle s'est réveillée, voyant qu'il s'était échappé,

Elle a bondi dehors.

Elle le cherche partout, redoutant qu'il soit mort,

Mangé par le grand loup...

Or qui surgit alors, devant elle, tout à coup ?

La  louve justement !

Les deux mères se regardent et se mettent à grogner

En se montrant les dents...

Mais au même moment :< PAN ! PAN ! PAN ! >

- Les chasseurs !  s'écrient-elles.

Et dans un même élan, elles courent

Se réfugier derrière le même rocher.

 

ça y est, ils sont passés !

Oubliant que la louve est sa pire ennemie, maman ourse lui dit :

- J'ai peur pour mon petit. ce coquin est sorti ce matin !

- le mien aussi dit la louve et je tremble pour lui !

Et aussitôt voilà les deux mamans qui flairent dans tous les coins.

A deux, elles vont plus vite et perdent moins de temps.

 

Enfin, au détour d'un chemin, les mères voient

Dans la neige des traces de leurs enfants.

- ça alors ! s'écrient-elles. Ils ont d^u jouer ensemble :

Leurs pas sont parallèles... suivons les !

Et, de pierres en rochers, de descentes en montées,

Savez-vous où ces dames arrivent en fin de course ?

A la tanière des ours !

Elles s'approchent de l'entrée, doucement, le coeur battant,

Et découvrent en même temps un spectacle étonnant :

Un louveteau tout gris, endormi au milieu des oursons !

 

C'est tout de même beaucoup mieux de s'aider,

quand on peut, semble leur dire Fiston

Du fond de la tanière...

Que de se détester et de se faire la guerre !

Sortie

Yvette . Piel