Pour
conter ma Provence, dans toute sa splendeur.
En
partant des Alpilles, non loin de St Rémy,
S’étendant au-delà vers les Saintes-Maries,
C’est
la terre des gardians : le mistral s’y déchaîne.
Ce fils
de la Provence que malgré tout on aime,
Souffle
fort en Camargue où plus rien ne l’arrête,
Où il
devient furieux: il est vraiment le Maître.
Soulevant les crinières de ces chevaux sauvages
Qui
galopent en horde dans l’eau des marécages,
Couchant les tamaris, les roseaux, les cyprès,
Continuant sa course sans pouvoir s’arrêter.
Au bout
de quelques jours, retrouvant la raison,
De
plaines en vallons on le sent moribond,
Le
Maître enfin calmé pourra s’abandonner,
Au-dessus des flots bleus, en Méditerranée.
Il va
près des collines inondées de soleil,
Bordées
par la garrigue aux odeurs sans pareilles,
Où
chantent les cigales dans un même refrain,
Comme
une farandole de fifres et tambourins.
Du mas
de Roumanille jusqu’au delta du Rhône,
Il est
des villages dont les vieux noms résonnent :
Maillane, Maussane, Fonvielle, les Baux,
Chers à
notre Provence dont ils sont les joyaux.
Ecoutez, sur les places ombragées en été,
Les
anciens du pays parler de leur passé,
Avec
l’accent qui traîne comme une mélodie,
Où
chantent leurs paroles que beaucoup nous
envient.
Parlant
avec amour de leurs jeunes années,
De leur
belle Provence jamais abandonnée,
Celle
des oliviers qu’ils cultivaient naguère,
Des
amandiers noueux sur des vieux murs de pierres.
C’est
la dans ces sentiers, drailles de transhumance,
Que
courent les souvenirs de ma plus tendre enfance.
Si
victime du sort, il me fallait partir,
Je
n’aurais qu’un souhait : celui de revenir.
Il se
peut que parfois tes enfants s’expatrient,
Ils
reviendront un jour : Tu es notre Patrie.