La vieille.

Tu me regardes et tu
ne crois pas
Que je fasse d'aussi
petits pas,
À ton âge, on ne peut
imaginer,
Qu'on ait tant de
misère à avancer.
Pourtant…
Quand j'étais petite,
je courais,
Je jouais, sautais et
gambadais.
Je grimpais dans les
pommiers
Pour cueillir les
fruits tant désirés
Quand c'est l'heure du
déjeuner,
Tu t'efforces de me
faire manger ;
J'ai la figure toute
barbouillée,
Tu m'essuies, quand
j'ai terminé…
Pourtant…
J'ai fais manger tous
mes bébés
Leur laissant le temps
d'avaler.
Je les essuyais à
chaque bouchée,
Je ne les laissais pas
salis de purée.
L'heure de la toilette
est arrivée,
Tu te détournes et
plisses le nez,
Mon piqué est un peu
mouillé
Et moi, je me sens très
humiliée.
Pourtant…
Mes draps étaient bien
repassés,
J'ajoutais de la poudre
parfumée
C'était un plaisir de
se coucher
Dans les bras de mon
mari adoré.
Quand tu seras aussi
vieille que moi,
Quelqu'un d'autre fera
comme toi,
À ce moment là, tu
comprendras,
Qu'une vieille soit
triste parfois.
Pourtant…
J'ai vécu des moments
très heureux,
Je ne pensais pas à mes
vieux jours
Qui me guettaient dans
le détour.
Et qui arrivent plus
vite qu'on le veut.
Terry. ( Mai 20056)
