Poésie

 

Mes fidèles amies

Mes fidèles amies à quatre pattes,
Qui au son de ma voix réagissez,
Tirant les oreilles vers le haut,
Pour écouter ce que je vous dis.
Vous accourez sans rechigner,
Dès lors que je vous appelle.
Vous mes fidèles amies sensibles
À mes maux et mes peines,
Sur lesquelles je crie,
À l’approche de visiteurs.
Invités ou non, vous aboyez,
Sur ceux approchant notre fief,
Je sais que c’est pour me prévenir,
Voire me protéger contre des intrus.
Mais vous n’avez jamais de cesse,
Malgré cela je vous aime,
Telles des êtres de chaire et de sang.
Vous me réchauffez les pieds,
Lorsque je regarde la télé.
Je sais que vous n’êtes pas éternelles,
Et qu’un jour vous vous en irez..
J’ai parfois de la tristesse,
En pensant à cela,
Mais très vite s’évanouissent
Ces idées morbides,
Car pour l’heure vous êtes à mes côtés.
Égoïstement , je l’avoue,
Ce que je retiens de vous,
Ce ne sont que les meilleurs moments.
Ainsi s’écoule le temps,
Ainsi se déroule la vie.
Merci mes fidèles amies.

 

 Maman


Un dernier regard sur un passé
Avant d’en franchir le seuil.
Son âme est enfin apprêtée,
Pour cet ultime voyage sans linceul,

Se demandant encore, hésitante, ébahies
Si vraiment elle avait bien agit
Tout ce qui lui fallut accomplir durant sa vie.
Un léger sourire puis la chevelure blanchie


Aux mille reflets argentés
De cette belle âme lénifiée
S’évanouie sans plus se soucier
Du temps passé et usé,

De cette vie là, dite antérieure.
On entend sa voix, celle du cœur,
Issue de l’autre côte du miroir
Ou du fond de cet immense couloir

 Le château


O toi là, le château !
On te croyait imaginaire.
Tu accueilles mille badauds
Pour ton art austère.

O toi là, le château !
Tu es bien fait de vielles pierres !
Toi qui n’as pas d’eau
Et plusieurs fois centenaire

O toi là, le château !
Te rappelles-tu naguère
De tes chevaliers courageux
Sur leurs montures, fiers ?

O toi là, le château !
Libère l’histoire de tes guerres
Que tes morts puissent être heureux
Et bénits par leurs pères
Château de Castries.34 hérault.

O toi là, le château !
Qui reçoit maintenant nombre d’acteurs !
Ils te congratulent, te rendent beau
Avec leurs arts et leur ferveur.


O toi là, le château !
Que leur apportes-tu à cette heure,
Pour que tant de gens fassent bravo,
Que l’on traduit par du bonheur ?

O toi là, le château !
On entend mieux ton cœur
Nous dire qu’ils crient leurs maux
Eux les preux chevaliers sans peur.

O toi là, le château !
Tu es là pour la postérité, les vies
Maintenant ce ne sont plus des cris
Tu es là, bien là, toi le château de Castries.


 

C'est quoi l'amour

L’amour se sont des mots
Des mots de chaque jour
Des mots que l’on pense
Des mots que l’on dit.
C’est aussi une attention
Un regard vers son compagnon.
L’amour c’est la promesse tenue.
C’est aussi lors des bons jours
Comme ceux que l’on dit mauvais !
Au fait, y en a-t-il de mauvais ?
Certainement, mais pas plus que des bons !
Mais alors c’est quoi au juste ?
C’est le soutien que l’un apporte à l’autre.
Un regard complice, par exemple.
Etre souvent sur la même longueur d’onde,
C’est aussi suivre le même chemin
C’est se comprendre main dans la main.
C’est ça l’amour.
Les corps, volontairement occultés,
Bien sûr c’est aussi le désir.
Sans oublier les passions et les étreintes
Accompagnées de ses nuits folles,
En sueur et enlacés
Pour ensuite se séparer.
Lorsque le corps n’en peut plus,
Reste encore de la place pour le désir.
Permanent il reste beaucoup de place au désir !
Il se transmet par le regard, une attention
Et non par les formes.
Et puis reste encore le souvenir,
Les souvenirs devrais-je dire !
Le désir vient de la tête,
L’acte d’amour aussi.
On peut tout perdre ici bas,
Sauf une chose si l’on y prend garde,
C’est tout simplement l’amour.



M. 15/11/2003

 Nostalgie

 Un triste moment de souvenirs,
Il faut bien en convenir,
A l’enfant de huit ans que j’étais,
Ceux-ci me reviennent à la pelle.
Ma mère m
'avait confié à cette école,
C'est tout ce dont je me rappelle.
Je n’étais pas si loin, j’étais en métropole.

Ensuite le cafard, les pleurs, l’ennui,
Tout ce à quoi je pensais, était de m’enfuir.*
C’est vrai qu’il est terrible l’ennui !
Bien que cet endroit était refuge,
Je n’était pas fait pour l’enfermement.
Seul comptait encore les jupons de maman.
J’ai aperçu ma mère dans l’encadrement
Elle venait rechercher sa progéniture, son enfant,
J’ai enfin repris du poil de la bête.
Mais le chef lui a dit que j’étais une forte tête.
C’est pour cela qu’est née l’envie de revenir
Devant les grilles de mon passé,
J’ai longuement tenté de réfléchir,
A ce pourquoi j’avais tout lâché.


 

 

Poème aux sinistrés du 2 décembre 2004

J’ai vu dans le regard de cette enfant
Accrochée au bras de ses parents,
J’ai vu dans ses yeux nacrés
A quel point elle était désespérée !

Elle fixait sa maison dans les flots
Blottie contre sa mère en sanglots
Lui expliquant qu’ils avaient tout perdu
Parce qu’en deux jours il avait trop plu.

Et la petite fille en rage menaçant
Dit en regardant les yeux larmoyant
Le ciel partout encore menaçant
Où es-tu toi le Dieu clément ?

La réponse se fait encore attendre
Après la pluie, il faut ré entreprendre
Les travaux qu’il a fallu suspendre
Qu’a zéro il faudra à nouveau reprendre !

Autour d’eux des gens aussi en sanglots
Criant « putain regarde ce boulot ! »
Une vie de labeurs écartelés
L’eau est encore venue nous éclabousser
Emportant avec elle bibelots et souvenirs.

A peine installer après maintes surprises
Autour de nous même nos amis subissent
Sur une terre que l’on croyait promise
Exactement les mêmes sévices.

Quand va donc s’arrêter ce déluge ?
Ces plaies et tous ces grabuges ?
Où va s’arrêter enfin la bêtise des hommes ?
Et qu’ils cessent de nous prendre pour des pommes

 

           M.Girardin

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